Ancien militaire, un peu looser, un peu chômeur mais jamais stressé, il se voit proposer beaucoup d'argent pour tuer un homme Alexander Woolf, riche industriel anglais. Malheureusement pour son banquier, Thomas est un "type bien", enfin à ce qui paraît, c'est ce que tout le monde lui dit en tout cas...

Mais voilà que Woolf n'a de toute façon pas tellement envie de mourir et pour cause, c'est lui même qui a voulu l'engager... pour le tester dit-il. Parce que Woolf a de grand projet : contrer un groupe terroriste qui voudrait faire sauter l'ambassade des États-Unis à Casablanca, attentat qui permettrait aux-dits américains d'utiliser un hélicoptère de combat next-generation et d'en faire décoller les ventes... d'autant que ce sont ces mêmes américains qui le financent, ce groupe terroriste... tout est histoire de créer de la demande pour vendre. Simple cours d'économie.

Alors Thomas se voit charger, plus ou moins de bon cœur, d'empêcher cet attentat, de démanteler les objectifs du lobby de l'armement qui compte énormément sur la vente de cet hélicoptère, de sauver la jeune fille et de s'en sortir indemne. Rien que ça.

Écrit sur un ton cynique, acide, drôle, hilarant même parfois, le livre de Hugh Laurie se savoure comme un bon roman d'espionnage, avec un personnage principal très attachant, et une trame qui, si elle vous paraît compliquée décrite comme ça, se tient vraiment bien et nous tient nous, lecteur, en haleine !

Ce qu'on peut lui reprocher tient en fait plus à l'éditeur, de poche, qu'à l'auteur.
Pourquoi ? Parce qu'avec son marketing, bien pensé certes pour faire vendre mais assez énervant pour le lecteur, il a forcé le trait sur le personnage joué par Hugh Laurie à la télévision : le docteur House.

Médecin boiteux (littéralement, il boîte) irascible, menteur, gamin, cruel et cynique à l'extrême, Greg House est un personnage de fiction assez passionnant notamment parce que son interprète lui donne une humanité que l'on imaginerait pas vraiment, qu'on aimerait presque ne pas voir.

On a donc un bandeau "écrit par l'interprète du docteur House", une troisième de couverture recouverte de pub pour la série télé, les dernières pages du livre réservées à "le Docteur House est aussi....."   

Mais Hugh Laurie a écrit ce roman en 1996, soit près de huit ans avant même l'invention de la série télé, et si effectivement le cynisme et la vie solitaire de son personnage ressemble à House il n'en est pas inspiré ! Et pourtant le lecteur s'attend toujours à voir Thomas Lang chercher sa canne pour pouvoir se déplacer... Dommage !

Maintenant, si vous n'êtes pas un fan de la série, si vous n'avez même jamais entendu parler de House alors ça ne vous gênera pas et vous pourrez lire ce roman pour ce qu'il est : un vrai bon livre qu'on lit le dimanche au soleil, l'esprit perdu dans les méandres des complots policiers.

Remarquez, si vous êtes fan de la série, vous pouvez aussi faire ça !