Les chagrins
Par Jeanne le dimanche 3 octobre 2010, 18:00 - Quatrième de couverture - Lien permanent
Prison de La Petite Roquette, 1967. Helena est enfermée pour cinq ans. Elle a 20 ans, elle aime chanter, rire et dessiner, mais avec ses grands yeux noirs et ses cheveux bouclés elle aime un homme aussi. Un saxophoniste. Elle n'a rien fait, à part aimer cet homme et le suivre lors du braquage d'une bijouterie, pourtant c'est elle qui est là. Lui, il est loin, en fuite, ayant déjà tout abandonné d'elle. Mais elle ne le donnera pas. Quitte à passer des années derrière les barreaux, elle préfère le faire avec ses souvenirs intacts.
Novembre 1967, Angèle naît dans cette prison. Mila, sa grand-mère la recueille et l'élève. Elle doit lui dire pourquoi sa mère n'est pas là, pourquoi elle ne peut pas revenir de sa chasse aux dragons, pourquoi elle est enfermée dans un château très loin et Angèle attend le retour d'Helena. Mais lorsque celle-ci revient, elle n'a plus rien de cette jeune fille pleine de rêves et de lumière dans les yeux. Helena est triste, silencieuse. Ses gestes sont brusques et ne peuvent plus donner aucun amour. Il est réservé à un homme. Angèle grandit avec ce silence, elle en fait son compagnon. Mais lorsqu'à la mort d'Helena, des années plus tard elle retrouve une photo et un nom, Thomas Guiti, elle décide de comprendre ce silence et d'en retrouver la cause : son père.
Elle cherche et retrouve un journaliste, vieil homme presque aveugle, qui à l'époque avait suivi l'affaire. S'il accepte de l'aider c'est parce que cette histoire l'a marqué lui aussi. La foi d'Helena en un homme qui l'a pourtant abandonnée, l'amour sans condition qu'elle lui portait, l'a renvoyé à sa propre existence de bourgeois parisien. Il s'est retrouvé en elle, en cet abandon volontaire et total, en cet enfermement tout aussi réel que les murs de la prison.
Judith Perrignon donne naissance à des personnages d'une beauté et d'une douceur incomparables, chargés de chagrins mais aussi d'espoirs et d'envies, pas toujours réalisées. Des personnages plus que tout portés par l'amour, coupable de tous leurs maux mais régent de leur existence. L'auteur leur donne la parole, à chacun, laisse leurs souvenirs se croiser et s'entremêler. La tendresse de son écriture les laisse s'exprimer sans jugement aucun. Personne n'est à blâmer, personne ne tient le rôle du méchant, ni Helena qui n'a jamais pu aimer sa fille, ni le saxophoniste en fuite qui voulait juste suivre la musique de John Coltrane. Ces personnages ont simplement tenté d'apprendre à vivre.


Commentaires
On m'a dit beaucoup de bien de ce livre, mais je ne me souvenais ni du nom de l'écrivain, ni du titre. Il faut que je lise, alors merci de m'avoir remis tout ça en mémoire.
Bonnes lectures
Mais nous sommes là pour ça !
Bonnes lectures à vous aussi !
Je vais le lire, merci de me mettre l'eau à la bouche comme ça
Contente de vous avoir donné envie !
N'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé !
A bientôt